Proches aidants : prenez soin de votre santé mentale !
La santé mentale des proches aidants : une urgence de santé publique
En France, près de cinq millions de personnes accompagnent un proche atteint d’un cancer. Indispensables au bon fonctionnement du système de santé, les proches aidants jouent un rôle clé dans le parcours de soins et la qualité de vie des patients. Pourtant, cet engagement se fait souvent au détriment de leur propre santé, en particulier mentale.
Une étude récente de l’Observatoire sociétal des cancers de la Ligue contre le cancer met en lumière une situation préoccupante : dépression, isolement, pensées suicidaires ou encore conduites à risque touchent une part importante des aidants. Leur santé mentale apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique.
Un engagement essentiel mais fragilisant
Parents, conjoints, enfants ou amis : les proches aidants sont devenus des acteurs incontournables du système de soins. Leur implication permet d’assurer une continuité dans l’accompagnement des personnes malades, mais elle s’accompagne souvent d’un épuisement progressif.
Cette fragilité n’est pas nouvelle. Dès 2008, près de la moitié des aidants déclaraient avoir développé une maladie chronique après avoir accompagné un proche malade, révélant l’impact durable de cet engagement sur leur santé.
Des chiffres alarmants
Les données les plus récentes confirment l’ampleur du phénomène :
- Près d’un aidant sur deux présente des symptômes dépressifs ;
- Un aidant sur cinq déclare avoir déjà eu des pensées suicidaires ;
- Environ 40 % n’ont pas consulté de professionnel de santé depuis le début de leur rôle ;
- Près de 30 % auraient souhaité bénéficier d’un accompagnement psychologique sans y avoir accès ;
- Enfin, près de 7 aidants sur 10 (66,3 %) déclarent une augmentation de certaines consommations, qu’il s’agisse d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, mais aussi de comportements à risque comme les jeux d’argent, le tabac, l’alcool ou le cannabis.
Les femmes et les jeunes adultes figurent parmi les profils les plus exposés à ces difficultés.
« Il est essentiel de lever les tabous autour de la santé mentale, de la détresse psychologique et des conduites à risque chez les proches aidants. C’est une étape indispensable pour mieux reconnaître et rendre visibles les difficultés qu’ils rencontrent. »
— Salomé Amsellem-Dukan, responsable de projets soutien aux aidants à la Ligue contre le cancer
La Ligue contre le cancer mobilisée
Face à ces constats, la Ligue contre le cancer appelle à une mobilisation collective et à une meilleure reconnaissance des proches aidants. Elle plaide notamment pour un élargissement des conditions d’accès aux dispositifs de soutien, encore trop souvent limités aux situations de handicap ou de perte d’autonomie.
Sur le terrain, la Ligue contre le cancer agit concrètement en proposant, partout en France, des groupes de parole entre aidants, un accompagnement en soutien psychologique, des ateliers thématiques et des points de situation (en individuel ou en collectif) animés par une infirmière spécialisée.
Mieux reconnaître pour mieux accompagner
Au-delà des dispositifs existants, l’enjeu est désormais de faire évoluer les regards. La reconnaissance des proches aidants doit s’inscrire à la fois dans les politiques publiques et dans la société dans son ensemble.
Mieux informer, faciliter l’accès aux aides et intégrer pleinement la santé mentale des aidants dans les priorités de santé publique sont des leviers essentiels pour répondre à cette urgence.

